Vue d’ensemble
Le paysage macroéconomique post-Covid est en train de s’achever. La forte reflation observée depuis 2020, alimentée par l’abondance des liquidités et la réouverture progressive des économies, a fait son temps. Pour les investisseurs comme pour les décideurs politiques, la « partie facile » semble derrière nous : La croissance supérieure au potentiel a diminué, l’inflation du côté de l’offre a atteint son maximum, l’excès d’épargne s’est normalisé (principalement aux États-Unis) et les distorsions du marché de l’emploi ont commencé à disparaître progressivement.
Mais si la toile de fond macroéconomique est résistante, cette période a précipité plusieurs changements structurels que les décideurs politiques ne peuvent ignorer. L’augmentation significative de l’endettement public dans les économies développées limitera la portée des options politiques futures. La dette publique des États-Unis, par exemple, a dépassé 120 % du PIB pendant la pandémie, et les projections n’indiquent pas d’inversion imminente. Les déficits budgétaires annuels sous l’administration Biden, qui s’élèvent en moyenne à 7,5 % du PIB depuis 2021, ont atteint des niveaux inégalés depuis la Seconde Guerre mondiale.
En revanche, la trajectoire de la dette des économies émergentes a été plus modérée. Le risque-pays des marchés émergents s’améliore donc par rapport aux économies développées, grâce à une croissance robuste alimentée par les prix élevés des matières premières. Notre évaluation globale du paysage actuel de l’investissement penche en faveur des économies émergentes. Avec l’assouplissement progressif des conditions financières dans les économies développées, nous prévoyons une réduction de la prime de risque entre les actifs développés et émergents.